Entre pratiques sexuelles et trafic de drogues, le discussion board Coco.fr frise trop souvent l’illégal

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Entre pratiques sexuelles et trafic de drogues, le discussion board Coco.fr frise trop souvent l’illégal

Edit du 20 avril 2024 : Le discussion board Coco.gg a été utilisé par un des deux suspects de l’agression de Philippe à Grande Synthe (Nord) dans la nuit de lundi à mardi. L’occasion de revenir sur ce discussion board où l’illégalité et l’horreur sont accessibles en deux clics.

Le récit est angoissant et il faut s’accrocher pour le lire jusqu’au bout. Dans les colonnes du Monde ce mardi, l’affaire du septuagénaire des viols de Mazan (Vaucluse) est décortiquée avec une précision chirurgicale. Le lecteur y découvre l’histoire de Dominique P. qui a livré pendant des années sa femme à des viols et attouchements. En plus de l’avoir lui-même violée, il a également invité une cinquantaine d’hommes – sinon plus – à faire la même chose. Par précaution, il lui administrait des sédatifs, et, inconsciente, elle subissait ces agressions sexuelles, sans jamais en prendre réellement judgment of right and unsuitable avant la première garde à vue de son mari en 2020. Dominique P., lui, devrait être jugé prochainement par la cour criminelle du Vaucluse.

Derrière cette histoire sinistre, un arrangement Web est aussi responsable : Coco.fr. C’est sur ce arrangement que Dominique P. a pu réunir tous ces hommes, des profils extrêmement différents qui formeront finalement un même réseau clandestin. « Premier arrangement de tchat gratuit avec des milliers de connectés », Coco.fr invite ses utilisateurs à retrouver ses amis, à multiplier les rencontres et développer son réseau de connaissances. « Un discussion board de discussion sympa », dit sa propre web page d’accueil. « Sympa », le qualificatif n’est peut-être pas le seul terme qui nous viendrait en tête face à la dangerosité que représente ce réseau extremely-accessible, « sans inscription ».

Depuis sa création en 2003, le arrangement a grandi et est devenu de plus en plus populaire malgré une interface vraiment bas de gamme. Désormais, Coco.fr est devenu un véritable arrangement de rencontres et cumule environ 500.000 visiteurs par mois. Mais, sans vérification à l’inscription, de nombreux faux profils cohabitent sur le arrangement, qu’ils soient dealers, prédateurs sexuels ou pédocriminels… alors que, initialement, le arrangement était destiné aux plus jeunes.

L’infâme promotion des agressions sexuelles

Sur Coco.fr, chacun peut devenir n’importe qui pour faire n’importe quoi. A cette occasion, nous nous transformons en Bernard – alias Bernardodu75 – 47 ans, un Parisien qui, si vous lui demandez, répondra qu’il est « sizable, baraqué, mais imberbe ».

De fait, par son extrême liberté, la plateforme devient un repère à toutes sortes de pratiques, majoritairement sexuelles. Dans le salon public « En couple », les propositions d’échangisme ne manquent pas. Plus bas, dans la discussion « Fantasme », d’autres rêvent de soirée où leur femme « termine entourée de mecs », ou de « jouir dans la femme d’un autre ». Difficile également de passer à côté des pseudos : « Quipretesafemme », « coquin79 » ou encore « puteboisdeboulogne » et « enviedesucer31 ».

Pire encore, d’autres discussions frôlent clairement l’illégal. C’est le cas du salon « Prise de drive », publiant fréquemment des photos de femmes en put together d’être pénétrées. Le consentement, ici, est sans doute une histoire ancienne. « Qu’est-ce que ça me ferait bander de voir ma copine traitée comme ça », répond Maxx7 à Primal Predator, qui vient de publier une portray de pénétration. « Que c’est excitant l’idée de forcer une femme », renchérit Steph730. Au-dessus, Bastien8 se vante de « baiser une sixième tous les mercredis après-midi chez elle ». « Raconte », enchaîne Comex.

« Je loue votre femme le temps d’une soirée »

Le revenge porn – le partage de contenu sexuellement explicite sans consentement de l’autre dans le however d’une vengeance – semble également s’inviter sur le discussion board. Dans le salon « Ex copine », des internautes comme Jeuneh812 affiche « un ancien thought cul » en put together d’utiliser un sextoy. Qu’il s’agisse de members of the family non consenties ou d’agressions sexuelles sur mineurs, les discussions tombent souvent dans les abysses de ce que la loi décrit comme des agressions sexuelles.

Force est de constater que le réseau de Dominique P. – nommé « A son insu » – ne fait pas determine d’exception sur le discussion board. Dans le salon « Mari cocu », Franck363 demande « Qui veut que je baise sa femme ? », très vite rejoint par un autre internaute qui lui fait la proposition suivante : « Je loue votre femme le temps d’une soirée, contactez-moi. »

La popularité d’un échangisme pas toujours consenti

Sur Coco.fr, les images prises secrètement font également sensation. « Ma sœur est avec son ex dans sa chambre là », raconte Blook qui très vite se voit proposer par les autres internautes de filmer la scène. D’ailleurs, les salons les plus prisés sont souvent ceux en rapport avec un échangisme pas totalement consenti. C’est le cas des salons « Exhibnofemmes » ou « Candaulisme » – une pratique consistant cette fois à exposer ou partager son conjoint pour ressentir une excitation sexuelle.

Pour accéder à ces salons populaires, mieux vaut donc être top price à raison d’un abonnement à 5 euros par mois ou à 44 euros pour un an. Et en high, quelques avantages inclus : l’historique de tous les salons et plus aucun temps d’attente pour intégrer un nouveau canal, contre cinq secondes pour un profil favorite.

Un réseau plébiscité par les dealeurs

Mais sur Coco.fr, le sexe n’est pas le seul sujet de discussion. Dans le salon « Drogues et dépendance », cette fois, l’illégalité prend une autre forme. « Dispo sur Paris livraison dès 10 euros pour du shit, c’est du bon shit », propose Shitivre93, alors que Delire4 ou encore Anthony416, eux, quémandent des plans pour trouver de la cocaïne. A peine entré dans le salon, notre faux personnage Bernard est directement contacté par Livraison75. « Salut, tu consommes ? » « Coke dispo de qualité », propose à son tour CokeKalitadaaa. D’autres concurrents suivront également.

De fait, dans les médias, plusieurs faits divers sont nés de la très grande liberté laissée par ce discussion board. De nombreuses affaires d’extorsion ont par exemple vu le jour sur Coco.fr. Au mois de janvier dernier, quatre hommes différents qui croyaient avoir un rendez-vous galant avec une femme rencontrée sur le discussion board se sont finalement retrouvés nez à nez un malfaiteur les menaçant d’un couteau, relatait Actu.fr. En tout, l’homme aurait extorqué plus de 1.000 euros. Deux mois plus tôt, en novembre, un homme avait été passé à tabac à Gières (près de Grenoble), piégé lui aussi par un rendez-vous galant sur Coco.fr, racontait Le Dauphine Libéré.

Coco se défausse de ses responsabilités

Malgré tout, Coco.fr reste depuis des années visible et accessible en ligne par le sizable public. Dans son règlement, le arrangement rappelle « décliner toute responsabilité concernant les rencontres réelles entre les utilisateurs du tchat qui sont des initiatives privées ». Avec beaucoup d’hypocrisie, le règlement cite également l’article 226-8 du Code pénal : « Est puni d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende le fait de publier, par quelque voie que ce soit, le montage réalisé avec les paroles ou l’image d’une personne sans son consentement, s’il n’apparaît pas à l’évidence qu’il s’agit d’un montage ou s’il n’en est pas expressément fait mention ».

Mais pourquoi aucune régulation n’a réellement lieu sur ce arrangement ? Auparavant nommé « Coco.fr », le arrangement détenu par une société nommée « Vinci SA » – sans aucun lien avec le groupe de BTP français – a subtilement été changé en « Coco.gg ». Le arrangement est désormais hébergé à Guernesey, une île de l’archipel anglo-normande. L’entreprise Vinci, elle, se trouve en Bulgarie, à Sofia plus exactement.

Seule exception légale, la présence de products and companies de police, comme l’oblige la loi. « Le arrangement coco.gg détient et conserve ces données d’identification conformément et dans le recognize de la réglementation en vigueur. Il est légalement tenu de remettre ces données aux autorités publiques et judiciaires à leur demande », précise le arrangement. La modération, elle, n’est toutefois pas assurée. Les contenus illicites pullulent sans la moindre contrainte et sans s’assurer de l’illégalité des pratiques. Et derrière le manque de contrôle, un risque de répéter l’histoire de ces multiples guets-apens, ou de ce réseau infâme monté par Dominique P. contre sa femme.

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